Fañch a voulu mettre au point, pour lui-même, et pour des gens très occupés et sans beaucoup de temps disponible comme lui, une méthode simple, demandant peu de manipulations, peu de contrôles, mais offrant un résultat rapide et un taux de réussite élevé.
C’est une méthode idéale pour les gens «fatigués», ou pour ceux qui n’ont pas le temps!
Il a aussi voulu tester la possibilité de bouturer en plein soleil pour faciliter un enracinement rapide, et donc assurer un taux de survie important après l’hiver.
Sa méthode n’utilise ni tunnel, ni aménagement spécial, à part des plaques de styroglass opaline*. Il employait déjà ce matériau depuis 10 ans pour protéger ses jeunes greffes, et il l’a testé depuis 5 ans pour ses boutures. Sa méthode est au point depuis 3 ans.
PREPARATION DU SUBSTRAT
Préparer, et bien mélanger, à parts égales :
Remplir le bac à mi-hauteur si possible. Il faut au moins une épaisseur de 6 à 8 cm pour permettre un bon enracinement.
Désinfecter en une seule fois la masse du substrat en y versant 5 à 8 litres d’eau bouillante, suivant la quantité de substrat.
Attendre 2 bonnes heures avant d’y piquer les boutures.
HORMONE
L’enracinement est plus rapide avec de l’hormone de bouturage, mais le taux de réussite est le même si on n’en met pas, Fañch utilise du “Clonex”, qu’il verse dans le bouchon (en petite quantité), et qu’il applique sur la base de la bouture avec la pointe d’un couteau ou une petite spatule. Il ne faut pas tremper les boutures dans le produit, qui pourrait ainsi se trouver contaminé ou détérioré.
Cette méthode n’a d’intérêt que si on bouture au début de l’été, pour profiter d’un maximum d’ensoleillement. Il faut donc utiliser des boutures ayant dépassé le stade herbacé. Suivant l’avancement de l’aoûtage, et suivant les variétés, on prélèvera les boutures dès que possible, de préférence entre le 15 juillet et le 15 août.
Prélever des boutures à 1 ou 2 feuilles. Couper les feuilles par le milieu si elles sont grandes pour éviter une trop grande évapotranspiration.
Préparer les boutures suivant les techniques habituelles, et, après le délai de refroidissement de l’ensemble désinfecté, planter les boutures en les espaçant de 3 à 5 cm suivant la taille des feuilles.
En principe, on ne rajoute pas d’eau. L’eau qui a servi à ébouillanter et à désinfecter le substrat doit suffire pour la plus grande partie du processus. On sera même, le plus souvent, amené à en enlever pour éviter aux boutures de pourrir par excès d’humidité.
PHASE 1 : DE LA MISE EN PLACE DES BOUTURES AUX GELEES
Mettre le bac avec ses boutures, sans son couvercle en polystyrène, en plein soleil, exposition plein sud ou sud-ouest, sur une base bien plane. Recouvrir avec le carreau de verre. L’ensemble doit reposer bien à plat pour que la plaque de verre adhère partout au rebord de polystyrène et réalise une bonne étanchéité.
Poser par-dessus une plaque de styroglass opaline, et les galets ou cailloux pour maintenir les 2 plaques.
Vérifier encore que l’ensemble est bien à plat pour empêcher l’air de passer. Il faut absolument garder les boutures à l’étouffée.
La température va monter à l’intérieur du bac, sans problème pour les boutures, jusqu’à 50°, et même plus, par moments. Cette chaleur va favoriser l’enracinement.
Si un excès d’eau se révèle par des gouttes de condensation grosses et nombreuses sous le carreau, soulever le styroglass opaline et le carreau, retourner le carreau pour enlever l’excès d’humidité, et tout remettre soigneusement en place.
PHASE 2 : EN CAS DE GELEES
S’il y a des fortes gelées, ou un risque de forte gelée, protéger les boutures en rajoutant le couvercle en polystyrène de la caisse par-dessus la plaque de styroglass opaline.
PHASE 3 : APRES L’HIVER, AU DEMARRAGE DES PREMIERES POUSSES
Les premières pousses apparaissent au début du printemps. Elles risquent de brûler, évidemment, si la température atteint 50°. Mais il faut quand même leur donner suffisamment de chaleur, et les garder à l’étouffée. Pour protéger les premières pousses et leur donner de bonnes conditions de développement, il faut donc réguler la température interne par l’extérieur, sans découvrir les boutures, en créant une ventilation au-dessus du carreau de verre.
On laisse le carreau en place, on soulève la plaque de styroglass opaline, et on la replace en la décalant de la plaque de verre par 2 tasseaux de bois.
Par sécurité, on renforce la ventilation en rajoutant la deuxième plaque de styroglass opaline par-dessus, décalée de la première par les 2 autres tasseaux.
Ne pas oublier de protéger l’installation par les galets ou les cailloux.
PHASE 4 : APRES LES PREMIERES POUSSES
A la fin de la première pousse, généralement vers la mi-juin, il faut aguerrir les plants progressivement sans risquer de les dessécher.
On peut laisser le bac au soleil en enlevant le carreau pour aérer, et en gardant les 2 plaques de styroglass opaline avec leurs tasseaux pour réguler la température. Mais il faut régulièrement enlever et remettre l’ensemble, pour surveiller et arroser dès que nécessaire, car il ne faut pas laisser le substrat se dessécher.
On peut aussi tout enlever et placer le bac à l’ombre. Cette solution a l’avantage de faciliter l’arrosage, et de laisser les pluies atteindre naturellement les boutures.
On attend ainsi jusqu’au printemps suivant.
En cas de fortes gelées ou de risque de forte gelée, on peut protéger par 1 bac en polystyrène de même dimension qu’on retourne ou par un voile de protection.
PHASE 5 : REMPOTAGE
Il faut attendre le printemps pour rempoter, mais il est préférable d’attendre le deuxième printemps, voire le troisième, pour permettre aux racines d’être moins fragiles et de mieux résister au démoulage du substrat.
La méthode la plus simple est de retourner d’un coup le contenu du bac. Le substrat se désagrège, et on peut séparer assez facilement les boutures l’une de l’autre.
Article réalisé par Fañch Le Moal
* Styroglass opaline laisse passer la lumière. On trouve ce type de plaque dans les panneaux publicitaires entre les lampes et l’affiche. Ce produit est vendu dans les magasins de bricolage.